Fondation de Pelvired en 1994
L'asbl Pelvired a été fondée le 6 septembre 1994 (statuts publiés le 14 février 1995), sous l'impulsion de l'urologue Anversois, le Prof JJ Wyndaele, pionnier de la formation interuniversitaire et certifiante en Flandre. L'objectif principal de l'association est de promouvoir la Rééducation Pelvi-Périnéale, et d'encourager le développement scientifique.
Début des années 80, la Belgique intègre la Rééducation Pelvienne (RP) comme une nouvelle thérapie dans le traitement de l'incontinence urinaire. La rééducation était à ce moment surtout, si pas exclusivement, basée sur le renforcement des muscles du plancher pelvien. En 1994 la Rééducation Pelvienne devient une valeur sûre dans le traitement de l'incontinence, avec une recommandation grade A par l'ICS. Depuis la rééducation a largement évolué. De nouvelles techniques sont reconnues par l'Evidence Based Practice (EBP) et exigent alors de se former spécifiquement dans cette nouvelle compétence. Le 22 avril 2014, un Arrêté Ministériel est publié dans le Moniteur Belge reconnaissant une QPP (Qualification Professionnelle Particulière) en Rééducation Abdomino-Pelvienne et kinésithérapie Périnatale. Elle autorise les kinésithérapeutes spécialisés à se prévaloir de la Qualité Professionnelle Particulière (QPP), s'ils satisfont aux normes publiées dans l'AM. Actuellement plusieurs universités offrent la possibilité de suivre des formations certifiantes de 45 ECTS répondant aux critères particuliers d'agrément.
Contribution de Pelvired à la rééducation pelvienne
Pelvired a largement contribué à cette évolution et reconnaissance de la RP : elle a participé à l'écriture de la nomenclature autour de la rééducation pelvienne, à l'obtention de la QPP, à la défense de la rééducation en tant que compétence de la kinésithérapie au sein du Comité Scientifique Fédéral, et bien d'autres choses. Mais aussi à amener les nouveautés vers ses membres.
Depuis sa constitution, Pelvired a toujours plaidé pour une approche multidisciplinaire basée sur l'intégration de médecins généralistes, médecins spécialistes, kinésithérapeutes, pharmaciens, psychologues, sexologues, et autres médicaux et paramédicaux.
Pelvired est une association qui se veut dynamique partageant régulièrement avec ses membres les dernières nouveautés/évidences scientifiques. De quelle manière ? Via des webinaires, des congrès ou toute autre activité scientifique de qualité dans le domaine de la Pelvi-Périnéologie.
Qu'est ce que le plancher pelvien ou périnée ?
Le Plancher Pelvien est une zone anatomique qui ferme le bas du bassin, comprenant un ensemble de muscles, fascias, tendons et ligaments.
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Les MUSCLES DU PLANCHER PELVIEN (MPP) sont tous petits (environ 4cm d’avant en arrière et 6 cm de largeur), et font partie de ce plancher. Ils se situent entre le pubis et le coccyx d’avant en arrière, et entre les deux tubérosités ischiatiques latéralement. Ils forment un ensemble en forme de losange.
Ces muscles participent au maintien de la continence urinaire et fécale, à la stabilité du lombo-pelvienne ainsi qu’aux fonctions sexuelles. Si leur contraction est importante, la relaxation l’est tout autant afin assurer entre autres la miction, la défécation et des rapports sexuels harmonieux.
Suspendus au-dessus du périnée, on retrouve les organes pelviens.
Chez la femme : la vessie devant, l'utérus au milieu et le rectum derrière. Le périnée est traversé par l'urètre, le vagin et puis le canal anal.
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Chez l'homme : Nous avons la vessie, la prostate et le rectum. Le périnée est traversé par l'urètre et le canal anal.
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Méconnaissance autour du périnée
Cette région est souvent mal connue, tabou, négligée voire malmenée tout au long de la vie. Les MPP ont un rôle dans le maintien de la continence urinaire lors d’une augmentation de la pression intra-abdominale, dans le contrôle de la vessie grâce à un réflexe inhibant, dans le maintien de la continence fécale (se retenir), et est également nécessaire pour une vie intime et sexuelle harmonieuse.
Les planchers pelviens masculins et féminins peuvent subir de nombreuses atteintes au cours de leur vie. Ces problèmes sont fréquents et peuvent entraîner des troubles +- invalidants dans la vie sociale, intime, sexuelle, sportive et professionnelle. La plupart des patients n’osent pas en parler avec leurs proches et, hésitent longtemps avant de consulter un professionnel de la santé. Si le sujet est souvent évoqué pour les femmes (on estime qu’une femme sur trois souffre de troubles de la région du plancher pelvien) ou les enfants, il l’est plus rarement pour les hommes qui eux aussi peuvent souffrir de difficultés avec les mêmes conséquences physiques, relationnelles et/ou psychologiques.
Quels troubles peut-on rencontrer ?
La symptomatologie liée aux troubles de la sphère pelvienne peut se manifester de plusieurs façons, elle peut apparaître de manière isolée ou combinée. Ci-dessous quelques manifestations les plus fréquentes :
Troubles urinaires
- L’Incontinence Urinaire d’Effort : Ce type d’incontinence est provoquée par la pression lors de la toux, l’éternuement, l’éclat de rire ou de sanglots, le cri, le vomissement, le portage, la course ou tout autre effort.
- L’Urgenturie (Impériosités mictionnelles) : Fortes envies pressantes d’uriner, de jour comme de nuit, que l’on ne peut pas contrôler. Elles peuvent être accompagnée de fuites. On parle alors d’incontinence par urgence
- L’incontinence mixte: association, en proportion variable, des deux formes d’incontinence urinaire (incontinence urinaire d’effort et incontinence urinaire d’urgence)
- La Pollakisurie : fréquence anormalement élevée de mictions, souvent peu abondante
- La Dysurie : difficulté à uriner, retard du jet, jet faible ou intermittent, nécessité de pousser ou de prendre des positions particulières. Cette difficulté peut être due soit à un manque de contraction du Détrusor (muscle de la vessie), soit à la présence d’un obstacle. Elle peut également être comportementale, chez des personnes qui ont un syndrome des mictions rares (moins de 3 mictions /jour).
- L’Enurésie : Mictions involontaires et inconscientes pendant le sommeil
- La Nycturie : Le fait de se lever fréquemment la nuit pour uriner
Troubles de la statique pelvienne
- Le Périnée Descendant : Descente excessive du plancher pelvien au cours d’un effort de poussée avec un abaissement anormal au repos.
- Les Prolapsus : Descentes d’organes uro-génitaux
- Le Rectocèle (ou descente du rectum) : Relâchement de la paroi tissulaire entre le rectum et le vagin.
- Le Cystocèle (ou prolapsus de la vessie) : Prolapsus le plus courant (80 % des cas) : Chute de la vessie dans le vagin.
- L’Hystérocèle (ou prolapsus de l’utérus) : Descente de l’utérus dans le vagin
- Les Algies (douleurs) pelviennes, péri-pelviennes, abdominales et pelvi périnéales : Endométriose, syndrome myofascial, péri-opératoire (hystérectomie, prostatectomie), etc.
- Les douleurs périnéales chroniques : sont fréquentes et se définissent comme des douleurs survenant depuis plus de 3 mois dans la région du bassin. Exemples : Syndrome d’Alcock, pudendalgie, clunéalgie, vulvodynie, vestibulite, etc.
- Le Périnée "gelé", immobile : Situation rare constituant le stade ultime de la dégradation du plancher pelvien.
Dysfonctions sexuelles
Les dysfonctions sexuelles sont caractérisées par une perturbation de l’intérêt, du désir, de l’excitation, de la lubrification vaginale et de l’orgasme.
Elles peuvent être associées à des douleurs, à une incontinence urinaire à l’effort, à des problèmes médicaux (radiothérapie pelvienne, ablation de l’utérus…), à des facteurs psychologiques ou contextuels.
Ces problèmes peuvent être primaires (Trouble ayant toujours existé) ou secondaires (suite à un trauma, une chirurgie, etc.).
En rééducation pelvienne on pourra agir sur les problèmes de la sexualité tels que :
- Les fuites mictionnelles au cours des relations sexuelles,
- La Dyspareunie : Douleurs lors de l’essai ou de la réalisation de la pénétration vaginale ou pendant les rapports vaginaux.
- Le Vaginisme (impossibilité de pénétration) : Est définit par une difficulté de la femme à permettre la pénétration, en dépit du souhait de le faire. Il y a souvent une réaction d’évitement et une anticipation, par peur ou expérience de douleur, avec contraction involontaire des muscles du périnée (hypertonie).
- L’Anorgasmie vaginale : Perte de sensation vaginale lors de rapports sexuels. Les causes sont multiples et souvent le traitement est du ressort d’un/e sexologue.
En kinésithérapie, ce symptôme est parfois associé à un périnée hypotonique c’est-à-dire lâche, par exemple dans le post-partum.
- Les problèmes de dysfonction érectile
Les Dysfonctionnements autour de la Périnatalité
Les femmes sont sujettes à toutes sortes de séquelles à la suite de la grossesse et/ou l'accouchement (cicatrices, dysfonctions périnéales, prolapsus, incontinence, douleurs musculosquelettiques, etc)
Qu'est ce que la rééducation pelvienne (RP) ?
La Rééducation Pelvienne aborde l’approche des différents problèmes de la région pelvi-périnéale comme l’incontinence urinaire ou fécale, la rétention urinaire, la constipation, la descente d’organe, certains troubles de la sexualité ou encore les douleurs chez les adultes hommes et femmes, ainsi, que chez les enfants.
- Il peut s’agir d’une prise en charge curative conservatrice des symptômes uro-gynécologiques & proctologiques : C’est-à-dire sans avoir recours aux techniques opératoires ou médicales.
- Prise en charge pré-opératoire : Explication au patient de conseils et exercices musculaires du plancher pelvien, en amont de l’opération, afin que celle-ci donne de meilleurs résultats post-opératoires.
- Prise en charge post-opératoire en phase aiguë : Continuation et adaptation des exercices appris lors de la phase pré-opératoire.
Quelques techniques de kinésithérapie qui peuvent être utilisé en RP
Éducation thérapeutique :
Afin de rendre le patient autonome dans sa prise en charge, il est essentiel qu’il puisse comprendre ce qui lui arrive et comment agir. Une partie importante du traitement kinésithérapeutique sera donc basée sur la transmission d’informations concernant l’anatomie et le fonctionnement du périnée, de la miction, de la défécation, la physiopathologie, etc. lui donner des explications claires et rassurantes afin qu’il reste motivé et participatif à son traitement.
L’approche (ré-) éducative cognitivo- comportementale
Afin de modifier/ adapter/ supprimer certaines habitudes de vie du patient en lui apportant des conseils judicieux et adaptés.
Un exemple d’outil fréquemment utilisé est le calendrier mictionnel qui servira de base à l’identification et la correction d’habitudes à risque. En voici d’autres :
- Explication sur les habitudes positionnelles mictionnelles et défécatoires
- Entraînement comportemental de la vessie
- Conseils hygiéno-diététiques : alimentation, recommandations sur la consommation des boissons, profession, activités physiques, activités sportives, relations intimes…
- Conseils sur le hometraining
La motivation et la participation active du patient sera primordiale pour de bons résultats dans la durée !
Le travail des muscles du plancher pelvien
Proprioception
Prendre conscience de leur schéma corporel et de la spécificité de contraction périnéale (conscientisation). Le kinésithérapeute peut aussi s’aider d’un contrôle manuel ou des appareils qui permettent de visualiser les contractions pour le patient (le biofeedback).
Renforcement
Comme pour tout autre muscle, le fonctionnement des MPP peut être amélioré par des exercices. Il s’agit d’exercices de contraction/relaxation avec contrôle manuel du kinésithérapeute. Cette technique permet de faire ressentir/visualiser la zone à travailler/relâcher, à guider le patient (proprioception), et renforcer les MPP si nécessaire.
La rééducation manuelle peut se faire sous contrôle du kinésithérapeute via un toucher vaginal et/ou anorectal afin de permettre au kinésithérapeute d’apporter des corrections au patient et, plus tard d’y ajouter une résistance progressive.
Si les MPP sont trop faibles pour obtenir une contraction volontaire, le kinésithérapeute peut avoir recours à l’électrostimulation pour améliorer la réponse musculaire. Il s’agit de prodiguer au périnée une stimulation électrique infra douloureuse par l’intermédiaire d’une sonde intra cavitaire, d’électrodes ou de capteurs.
Relaxation
Traitement de la dyssynergie (manque de coordination)
Intégration dans le schéma corporelle
Prise de conscience des muscles profonds et contrôle moteur.Il existe toutes sortes de concepts qui se concentrent sur l’amélioration de la fonction des muscles profonds (transverse abdominal, multifides, MPP,). Ce travail permet d’améliorer le contrôle moteur et la synergie neuro-musculaire (anticipation, timing et co-contractions).
Electrostimulation
- Prise de conscience des MPP (voir plus haut)
- Inhibition de la vessie : normalement la vessie ne peut pas se contracter en dehors des mictions. Chez certains patients la vessie n’en fait qu’à sa tête, et se contracte en dehors des mictions (une vessie « nerveuse »). La stimulation à basse fréquence est un chouette outil pour agir sur une vessie hyperactive, c’est-à-dire que la sensation d’urgence et la fréquence mictionnelle diminueront.
- Douleur : effet antalgique.
Concrètement, l’électrostimulation peut se faire en intra-cavitaire ou au niveau du nerf tibial postérieur (sur la cheville). Dans certains cas, le kinésithérapeute peut recommander un appareil d’électrostimulation au patient afin qu’il réalise ce traitement à son domicile.
Les Massages
- Le massage tissulaire en cas de cicatrice d’épisiotomie, césarienne ou chirurgie.
- Le massage périnéal est utilisé pour relâcher et assouplir le périnée, améliorer sa vascularisation et diminuer la douleur.
- Le massage abdominal en cas de constipation/fécalome
La Rééducation autour de la Périnatalité
- Préparation Abdo-Périnéale à l’accouchement
- Rééducation post-natale (suite accouchement par voie basse ou césarienne).
Explications et proposition d’accessoires
Ils peuvent être utilisés comme adjuvants aux exercices. Le thérapeute peut parfois recommander l’utilisation de cônes vaginaux, de Facilitateurs (dilatateurs) vaginaux, de Pessaire (dispositif intravaginal pour le maintien d’un prolapsus par exemple), etc.
Comment reconnaître un kinésithérapeute spécialisé ?
Vous trouverez sur notre site une carte qui vous permet de trouver un kinésithérapeute répondant à ces normes.
Trouver un thérapeute
Le kinésithérapeute qui prend en charge les troubles liés à la sphère pelvi-périnéale doit avoir une Qualification Professionnelle Particulière (QPP) en rééducation abdomino-pelvi-périnéale et kinésithérapie périnatale suivant les modalités décrites dans l’Arrêté Ministériel (AM) de 2016. Cet AM stipule aussi les modalités pour maintenir la QPP. C’est-à-dire se former en continuité, auprès d’experts nationaux et internationaux, afin de suivre au mieux les avancées scientifiques. Il suit des recyclages, des cursus supplémentaires, des congrès, des webinaires. Il continue sa formation de qualité par le biais de lectures d’ouvrages scientifiques, et participe régulièrement à des réunions collégiales entre kinésithérapeutes spécialisés et autres thérapeutes de la sphère pelvienne (GLEK/ Peer Review, etc.).
Le kinésithérapeute spécialisé est sensibilisé à la démarche EBP (Evidence Based Practice), c’est-à-dire qu’il va considérer le périnée comme une entité globale, ce qui suppose une prise en charge globale des anomalies anatomiques et fonctionnelles. Il ne traitera donc pas une pathologie, mais une personne dans son ensemble sur base de son expérience professionnelle et des dernières évidences scientifiques disponibles.
Afin d’avoir une prise en charge globale du patient, le kinésithérapeute travaille en collaboration multidisciplinaire, c’est-à-dire avec le médecin généraliste traitant, avec les spécialistes médicaux, le gynécologue, l’urologue, le chirurgien, l’oncologue, l’andrologue, le gastro-entérologue, le pédiatre, le neurologue, le dermatologue, le radiologue, l’anesthésiste, le radiothérapeute, l’infirmière, le diététicien, le nutrithérapeute, le psychologue, le sexologue, l’assistant social, l’ostéopathe, les kinésithérapeutes/ergothérapeutes, le posturologue, le podologue, etc.